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| | Les 24h du Mans 2008 : vu, vécu et écrit par Cow-boy | |
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virginie Staff

Nombre de messages: 265 Age: 25 Localisation: Tomblaine Date d'inscription: 19/08/2007
 | Sujet: Les 24h du Mans 2008 : vu, vécu et écrit par Cow-boy Ven 21 Mai 2010 - 7:12 | |
| Tout ce qui va suivre à été écrit par Cow-boy, je ne fais que poster à sa place. Comme la plupart d'entre vous le savent, il y a deux ans, une équipe formée de membres de l'association ont participé, pour la première fois, aux 24h du Mans Roller. Après l'évènement j'ai écris un résumé a ma façon dont voici le contenu. Vous découvrirez ce récit sur plusieurs semaines " Ma version des 24 heures du Mans roller Je ne suis ni un écrivain, ni un romancier. Et vous risquez de trouver des fautes de grammaire, d’orthographe, de virgules, d’accents, De syntaxe, taxe, et de surtaxe, sans la TVA . Vous allez avoir des difficultés pour me lire ça je le sais. Vous relirez deux ou trois fois pour me comprendre. Pire que les textos. Dans certaines phrases il y a des jeux de mots, certainement stupides, mais tant pis il faut faire avec. Je parle beaucoup de moi, ça aussi je le sais. Ce n’est vraiment pas facile de faire autrement. Voilà donc mon histoire des 24h du Mans.
Dans le monde du roller qui n’a pas entendu parler des 24 Heures du Mans en roller. Le circuit Bugatti est le temple de la vitesse pour certains, en voiture, en camion, en moto et toutes sortes d’engins à moteur. Pour d’autres personnes, beaucoup plus modestes en vitesse, c’est à la force de leurs mollets. La grande tribu du roller arrive. Des femmes, des hommes, des jeunes comme Sébastien, de notre équipe, qui a fêté ses 16 ans la veille, l’âge légal pour pouvoir participer à la course. Mais aussi des moins jeunes comme les vétérans, de plus de 6o ans mais qui ont tous la même passion : le Roller sous toutes ses formes. Comment a-t-on pu en arriver là ? Tout a commencé par des copains qui sont partis tout là-bas dans le département de la Sarthe qui reviennent avec la tête dans les nuages, leur cœur encore sur le circuit, et qui nous parlent de leur grande aventure des 24 h. Au départ on ne fait pas trop attention à ce qu’ils nous racontent, mais au fur et à mesure de leurs récits, les paroles accrochent les oreilles, et insidieusement pénètrent tout doucement dans le cerveau. Et crac boum hue ça commence à gamberger, un lundi soir sur la piste du karting Oberlin. Car nous avons de la chance à Nancy par rapport à d’autres villes, car on a la possibilité de rouler sur une piste de kart mise à notre disposition et ce, gratuitement, par un accord entre la ville et la société de kart. Donc tout l’hiver nous pouvons rouler à l’abri des intempéries et avec musique svp. |
|  | | virginie Staff

Nombre de messages: 265 Age: 25 Localisation: Tomblaine Date d'inscription: 19/08/2007
 | Sujet: Re: Les 24h du Mans 2008 : vu, vécu et écrit par Cow-boy Sam 22 Mai 2010 - 15:25 | |
| Donc un lundi soir, on en discute entre nous, et on s’aperçoit que nous ne somme pas les seuls à y avoir pensé. Les langues commencent à se délier, si d’autres le font, pourquoi pas nous ? Nous avons de la chance parce que plusieurs personnes sont intéressées par l’aventure. En 15 jours pratiquement l’équipe est constituée avec des remplacements en cas de désistement. La toile du Net est un outil formidable et un avantage pour la communication. Voilà les adresses et les messages électroniques qui commencent à chauffer dans les chaumières. Des réunions s’imposent. Tous les prétextes sont bons pour se retrouver ensemble. Une équipe de Nancy nous a donné une liste de matériel à prévoir sur le site. La recherche d’un slogan et d’un logo a commencé par mettre le feu aux poudres. Des dizaines de propositions sont faites, que tout le monde défend avec conviction. Finalement pour ne blesser personne, et surtout parce que nous sommes fiers de notre association, nous avons décidé de garder notre logo ROLLVER, en ajoutant « rando roller Nancy » et l’année 2008. Le temps passe très vite. Dans le règlement de la course, il est spécifié qu’il faut un capitaine pour l’équipe, c’est à dire un interlocuteur unique pour les inscriptions, le ramassage des dossiers, du témoin et du bracelet électronique afin d’éviter de se retrouver à plusieurs aux guichets le jour J. Et notre grand ami Titi (de par la taille aussi) a accepté d’assumer ce rôle un peu ingrat. Il faut booster certains, surtout pour le tee-shirt à faire imprimer et il est aussi grand temps de mettre un peu d’argent de côté pour les faux frais. Il est d’une efficacité redoutable (merci Titi). |
|  | | virginie Staff

Nombre de messages: 265 Age: 25 Localisation: Tomblaine Date d'inscription: 19/08/2007
 | Sujet: Re: Les 24h du Mans 2008 : vu, vécu et écrit par Cow-boy Mar 25 Mai 2010 - 11:51 | |
| Les mois passent vite et il ne reste que quelques semaines devant nous. Dans l’équipe pour certains et certaines c’est la grande aventure. Le camping, la promiscuité, la foule, le manque de confort, bref c’est Koh-Lanta version le Mans. Il est vrai que nous ne nous connaissons pas beaucoup, même si nous roulons ensemble sur des centaines de kilomètres. Pendant les dernières réunions des petites tensions entre les membres se créent pour des bricoles, mais seront vite oubliées. Notre capitaine a même, avec l’accord du groupe (démocratie oblige) établi les menus, qui, bien entendu ne seront pas respectés, mais aussi la formation des équipes et des tours par tranches horaires. Nous en profitons également pour organiser les équipages de voiture et le transport du matériel. Le capitaine dans sa grande bonté prend sa caravane pliante, et moi je modifie la remorque avec d’anciennes portes de garage. Enfin la dernière semaine de préparation se profile. Tout se précipite : récupération du matériel de tout le monde, faire les courses pour plusieurs jours car nous partons le vendredi matin et revenons le lundi soir. La veille du départ : montage du coffre de toit sur la voiture et chargement de la remorque qui est pleine à ras bord. Le dépars est fixé à 6h du matin pour notre véhicule A 6h tapantes, nous partons de Nancy. Malgré toutes les précautions du chargement je suis obligé de m’arrêter à une 15 de kms pour remettre de la charge sur la flèche de la remorque. Sur la moindre bosse on avait le mal de mer. Arrêt pipi café et autre, sauf pour une personne dont je tairai le prénom par pudeur. Nous nous arrêtons dans un petit village pour du pain et casser la croute, et là… le miracle : des toilettes tout beaux tout propres et leur découverte par la personne intimidée par la nature. Résultat, une visite s’impose et la photo est obligatoire. La magie du téléphone portable est de savoir où se trouvent les autres voitures. Arrivée à 13h30 dans la ville du Mans, le plein de gasoil est nécessaire suite à une grosse consommation à cause de la remorque. Après plusieurs tours et détours dans la ville, nous trouvons les pancartes pour la direction à prendre. Le rêve commence à se réaliser quand nous arrivons devant la grande porte principale du circuit. Appareil photo en main, clac clac c’est dans la boîte. Les panneaux pour le camping sont repérés, suivons les flèches. A l’entrée du camping, environ 80 voitures sont devant la porte, on fait comme tout le monde, on attend en file indienne. Titi est déjà là en 63ème position dans la file de voitures. Et accompagner d’un drôle de compagnon qu’il a du trouver dan un champ. Un drôle de zèbre ce gars là. Une casquette avec une très grande visière vissée sur la tête. Comme motif en sérigraphie une tête de zèbre, et dessous notre grand gaillard Guillaume. Je plaisante. Les voitures, caravanes, camping cars, camionnettes, remorques de toutes sortes continuent d’arriver. A l’entrée, on nous remet un bracelet à mettre autour du poignet, et qui nous servira de passe pour la durée du séjour. Notre grand capitaine est déjà dans la place et nous fait signe de le rejoindre. L’installation commence, pas évidente quand ça fait longtemps que les toiles de tente sont restées enfermées. Tous à la joie du camping, le montage des toiles, la recherche des sardines, des ficelles, du marteau. Un mot revient souvent, « article 22 » autrement dit « démerde-toi comme tu peux » Mais l’équipe se débrouille comme des chefs. Après 1h et des poussières nous sommes tous installés. Le premier moment de détente est enfin arrivé. Assis dans des fauteuils, nous dégustons pour certains une bière bien fraîche. Certains s’empoisonnent avec du coca et de l’ice tea, même pas français. |
|  | | virginie Staff

Nombre de messages: 265 Age: 25 Localisation: Tomblaine Date d'inscription: 19/08/2007
 | Sujet: Re: Les 24h du Mans 2008 : vu, vécu et écrit par Cow-boy Dim 30 Mai 2010 - 19:43 | |
| Les voisins arrivent en force, un bus plus des voitures. Ce sont des Allemands. Le responsable du barbecue est déjà à l’œuvre. Après le repas avec un bon rosé, le café et la mirabelle, nous sommes repus... Par la même occasion nous fêtons l‘anniversaire de notre petit Sébastien, 16 ans pour un 1m85 des pieds à la tête. Les bouteilles coulent à flot et à volonté, coca, jus de fruits et sirop. Et vu l’état d’ébriété et volubile de Sébastien, nous sommes obligés de le bâillonner pour le faire taire. A la tombée de la nuit nous allons faire une balade sur le talus qui surplombe un peu la piste. Les commentaires vont bon train sur les possibilités de chacun. Tout le monde va se coucher. Mais vers minuit, le festival des solex sur-vitaminés à la nitroglycérine commence. Juste derrière le mur du camping, une grande ligne droite avec quelques motards qui se sentent lésés parce que nous leur prenons leur jouet pendant 24h. Encore quelques uns qui croient qu’avoir une grosse machine entre les jambes, leur font croire qu’ils sont des hommes. (Pas mal le jeu de mots). Ils font gueuler leurs moteurs en accélération et décélération, jusque 1h du matin. Le calme est revenu mais pas pour longtemps, quelques fêtards braillent jusqu’à 4 h du matin. Une nuit normale pour la 1ère nuit sur le camping. Levé à 6h, je me promène dans le camping encore endormi avec quelques photos à faire au calme. Je prépare le café matinal pour les faire sortir de leur léthargie. Avec et toujours l’appareil photo en mains, je les attends de pied ferme. Je me passerai de faire des commentaires sur leur sortie des bras de Morphée. Et les photos ne sont que le miroir (malheureusement) et l’apanage de la vérité. Donc vers 7h les toiles de tente commencent à bouger. La première nuit a été très courte. Au petit déjeuner, café, lait, thé, nesquik pour le chef Titi, jus d’orange, beurre, miel, confiture, bref mieux que le restaurant. Il faut bien s’en occuper des petits jeunes pour qu’ils se sentent comme chez eux. Puis, une petite promenade en groupe dans le camping, pour retrouver des connaissances de Nancy, et voir les futurs concurrents. Quant à notre grand ami le capitaine Fracasse (Titi), lui va faire connaissance, avec une grande joie, dans les longues files d’attente, pour récupérer les dossards, bracelets et autres documents indispensables pour rentrer sur la piste de course à 16 h00 (pas de bracelet, pas de course). Merci Titi. Je lui passe de la pommade car nous venons de faire une réunion, hier soir et il reprend le même grade pour l’année prochaine. Il est gentil le Titi. 10 h00. L’heure de la grande rando populaire est enfin arrivée. Nous quittons par milliers le camping pour rejoindre le lieu de regroupement pour le départ. Entre-temps nous avons enfilé un tee-shirt remis par l’organisation des 24h sur le thème du don d’organes, et c’est parti pour une petite balade dans les quartiers proches du circuit avec le retour passant dans le circuit par la porte principale. Et là, boum le choc, d’une petite hauteur, nous voyons des milliers de roulants, qui se côtoient tous unis par la même ferveur, pour le dieu Roller. Il est évident que pour nous à Nancy, avec nos 150 à 200 roulants, nos sorties du vendredi soir représentent plutôt une sortie familiale en comparaison de cette manifestation. Pendant ces 72 heures passées sur le site, ce que nos yeux ont vu et nos oreilles entendues, ne pourra jamais être fixé sur du papier ou expliqué de vive voix. Nous sommes vraiment tous impressionnés. Commencent alors les premiers pas sur le circuit, le vrai, l’unique, le mythique, le tour d’honneur à la portée de tout le monde et ce dans les rêves les plus fous. La piste est large avec une descente à 2 ou 3 courbes. Puis la grande ligne droite avec les tribunes, les box à droite pour le ravitaillement. Nous remontons tranquillement et passons devant les déclencheurs de chronomètres. La piste commence un peu à monter, et ce sur 600 mètres pour arriver, (encore un rêve réalisé) sous le fameux pneu géant Dunlop. Encore une fois pas de chance, l’équipe est un peu disséminée dans la masse et on ne pourra pas faire la photo souvenir sous le pneu Dunlop, et paf, (et un rêve qui s’écroule, un !). Juste sous le pneu, un petit plat et dans la continuité la première grande descente avec courbe à droite. Bien sûr avec le nombre de personnes, impossible de rouler trop vite. Comme le dit souvent Colin c’est énorme. Une fois le tour terminé, nous retournons au camping. |
|  | | Bab Staff

Nombre de messages: 1593 Localisation: Nancy, rue des Tiercelins Date d'inscription: 01/05/2006
 | Sujet: Re: Les 24h du Mans 2008 : vu, vécu et écrit par Cow-boy Dim 30 Mai 2010 - 21:27 | |
| Fort sympatique tout ceci!  |
|  | | virginie Staff

Nombre de messages: 265 Age: 25 Localisation: Tomblaine Date d'inscription: 19/08/2007
 | Sujet: Re: Les 24h du Mans 2008 : vu, vécu et écrit par Cow-boy Mer 2 Juin 2010 - 18:34 | |
| Quant à Ferry, il commence à se préparer pour les qualifications, et part avec Titi. Par un mauvais concours de circonstance, il n’y avait personne de notre équipe pour l’encourager, mais malgré tout, il a fait une place plus qu’honorable. Le classement pour les places se fait, en départ -arrêté sur 300 mètres, alignés avec 10 autres concurrents, multiplié par le nombre d’équipes. Il a dû fournir un effort violent sur une courte distance. Nous sommes placés à la 184ème place sur 635. Merci Ferry, mais l’année prochaine tu pourrais quand même faire un effort pour te défoncer beaucoup plus et faire éventuellement la 2ème place .Et tu peux être sûr que nous serons tous là pour te surveiller.
Des box à l’emplacement des tentes, il faut environ 20 minutes de trajet à pied. L’heure avance et on se prépare à rejoindre le stand. On charge les mulets, c’est à dire nous : un diable pour le gros matériel (glaciaire, table, chaises, boissons, etc…). Donc une partie de la troupe de romanos part vers les stands. Ce que j’ai entendu par la suite, est que Sophie a montré les dents et sorti les ongles pour défendre âprement les 2 mètres carré mis à notre disposition .Les 24h ne se passent pas que sur la piste. Comme lorsque les magasins font les soldes, les premiers qui franchissent les grilles vont prendre les meilleures places dans les stands. D’où les quelques frictions entre les équipes. On a toujours besoin d’une petite Sophie avec soi. L’installation est ultra rapide vu la place dons nous disposons. Les dernières minutes avant le départ, la tension monte de plusieurs degrés. Les concurrents vont positionner les rollers justes en face de leur stand et reviennent en chaussettes certains même, pieds nus. Pourquoi. ? En voilà une bonne question. Le départ des 24h du Mans rollers (J’adore cette phrase) se fait comme à l’ancien temps pour les courses de voiture. Après le classement pour les places, les pilotes se positionnaient en face de leur voiture et au coup de pistolet couraient sur la piste, montaient dans les voitures et démarraient le plus vite possible pour rester dans les premiers. Tradition oblige, elle reste la même pour le roller. Donc les concurrents reviennent sur la moquette, qui leur sert de ligne de départ et de douceur pour les pieds, le bracelet électronique fixé. C’est le bracelet électronique qui fera pour chaque coureur le décompte des tours de piste, des temps et le classement des équipes. Et surtout, il ne faut pas le perdre, une caution de 100 euros est demandée et perdue en cas de non restitution. Une fois le top départ donné un chronomètre sur panneau commence à décompter de 24h à zéro secondes. Bref le but de la manœuvre est de chausser le plus rapidement possible et de partir. Je monte dans les tribunes pour avoir une vue d’ensemble. Le plus bizarre est de voir d’un côté 630 rollers alignés, et de l’autre, les 630 concurrents en face et en chaussettes, un pied sur la moquette et l’autre sur la piste prêts à foncer tête baissée. Je me demande si je n’ai pas eu des problèmes d’oreille, car il m’a semblé avoir entendu crier et dans plusieurs langues les rollers, pour ne pas les laisser tous seuls et abandonnés. Quand je rentre à Nancy je vais aller voir un psychiatre, pour les oreilles. Du haut de notre perchoir nous n’avons pas de mal à repérer les rollers de notre champion, Romary, des chaussures de descente de couleur orange fluo et aux roues vertes fluo. Je suis sûr qu’il l’a fait exprès pour que les autres concurrents ne lui piquent pas. Sacré Romary, il est un peu taquin. La fin du défilé des pays présents avec leur drapeau prend fin. Je monte le téléobjectif sur l’appareil photo, prêt à figer ce grand moment d’émotion du départ. Je me fais surprendre par le départ, je vois tout le monde courir pour chausser. Je repère les rollers orange, et je mitraille le doigt bloqué sur le bouton de l’appareil photo. Une surprise de taille dan le viseur. Je voie Romary juste enfiler les rollers sans les serrer et partir comme une fusée, en doublant certains concurrents qui démarrent aussi. Pour un beau départ ce fut vraiment très beau à voir. Merci Romary pour le spectacle. |
|  | | virginie Staff

Nombre de messages: 265 Age: 25 Localisation: Tomblaine Date d'inscription: 19/08/2007
 | Sujet: Re: Les 24h du Mans 2008 : vu, vécu et écrit par Cow-boy Dim 6 Juin 2010 - 20:19 | |
| Avec le recul, on pourrait faire la comparaison du gabarit de Romary par rapport aux autres coureurs à une ablette perdue dans un ban de carpes. Notre stand se trouve au milieu de la ligne droite. Juste en face un petit podium en bois qui nous servira de repère. Un avantage de partir du milieu de la grande piste pour Romary, il a moins de concurrents à remonter, et peut éviter les embouteillages du départ. Les vraies 24h du Mans commencent. Encore quelques photos et je redescends dans les box. Les commentaires vont bon train sur le départ. Le coureur qui prend le départ doit faire 2 tours consécutifs et après nous passe le relais long de 30 centimètres mais en mousse pour éviter de se blesser au passage du témoin. Les habitués des éditions précédentes enfilent une cordelette par le milieu et le passe en bandoulière, pour être libre de leurs mouvements. Une fois le témoin passé à l’équipier, on sort de la piste par la droite, et, de retour dans le box, on donne le bracelet électronique au prochain qui nous attend pour prendre la suite. Quelques minutes plus tard Romary rejoint le tarmac de départ. Le prochain copain est déjà prêt à partir. Toujours un pied sur la moquette (règlement règlement). Malheureusement ce n’est pas le cas de tout le monde. Certain concurrents n’hésitent pas à avancer sur la piste de plusieurs mètres, et provoquent des accidents avec d’autres coureurs. Le but de la manœuvre est de le voir arriver du plus loin possible de façon à prendre de la vitesse et à se mettre à son niveau pour se passer le relais. Le seul petit problème c’est qu’il y a des centaines de personnes sur la piste. Une vache n’y retrouverait pas ses roulements. Dans les brumes matinales de l’après-midi., nous voyons surgir un ou une gugusse qui fait de grands signes de détresse pour se faire remarquer par tout le monde. Comme nous avons bon cœur, nous lui répondons par les mêmes signes. Son visage s’illumine alors de bonheur car il ou elle sait que nous allons enfin abréger ses souffrances. Ici je ne parle que de notre équipe. Mais imaginez (si vous le pouvez), la même chose reproduite par des dizaines voir des centaines de roulants. Nos couleurs (si on peut le dire) sont le noir et le blanc. Autrement dit tee-shirt noir avec le logo blanc. (Je l’adore). Pour nous c’est beaucoup plus facile à le reconnaître parmi tant d’autres. Le petit logo côté cœur est repérable de très loin. Le risque au passage du témoin est de s’accrocher (risque de chute) ou de bloquer le copain ou la copine qui le donne. Et certains en ont fait la triste expérience. Certaines équipes qui elles roulent très vite (de ce coté là je leur tire mon chapeau) restent bien à l’écart alors que les autres rasent le coté droit le long des stands. Résultat entre les entrées et les sorties, quelques collisions spectaculaires sans trop de gravité. Revenons à nous. La décision du groupe est que tout le monde doit faire un tour, avant la formation des équipes pour le reste des 24h. Par obligation, les plus jeunes prennent la première session. Il est interdit au moins de 18 ans de rouler entre 22h et 6h du matin. Thomas et Sébastien prendront donc le premier groupe. Quant à la classe moyenne, Colin, Sophie, et Virginie, ils vont faire le boulot le plus ingrat mais au combien indispensable, chronomètre en main pour enregistrer le temps mis par chaque coureur. Qui par la suite ceci se retournera contre nous car nos compères ne se priveront pas de nous engueuler (pardon, booster) quand nous perdrons quelques petites secondes Et encore bravo à tous les trois pour ce travail remarquable et merci. Pour l’année prochaine on vous emmènera des coussins, promis. Je suis gentil quand même. Je pars le dernier de l’équipe, ce qui veut dire pas avant 18h. De toute façon les équipes sont prêtes pour les tours suivants, les désirs de chacun sont respectés : rouler en soirée, de nuit ou le matin. Les équipes ont été créées dans ce sens. (Voir la formation des équipes). Il me reste beaucoup de temps donc je retourne au camping. Vers 17h30 Titi revient, et me signale que tout le monde est en dessous des temps prévus. Nous avions calculé que nous devions mettre, entre 13 et 15 minutes au tour de piste. |
|  | | iggnorance

Nombre de messages: 570 Age: 29 Localisation: Vandoeuvre, près de l'Elephant Bleu Date d'inscription: 27/06/2006
 | Sujet: Re: Les 24h du Mans 2008 : vu, vécu et écrit par Cow-boy Dim 6 Juin 2010 - 21:02 | |
| Pour illustrer la différence de gabarit entre notre président et les autres équipes qui sont parties fort  Il est tout à gauche avec les patins orange fluos...  |
|  | | virginie Staff

Nombre de messages: 265 Age: 25 Localisation: Tomblaine Date d'inscription: 19/08/2007
 | Sujet: Re: Les 24h du Mans 2008 : vu, vécu et écrit par Cow-boy Mer 9 Juin 2010 - 16:07 | |
| Mais tout le monde était descendu bien en dessous de nos estimations. Juste avant de partir il me demande de faire un vrai tour à fond pour la gloire. Dur dur pour moi car depuis que je me suis inscrit, je leur disais que je venais juste pour participer. A peine arrivé sur le stand je m’aperçois que tout le monde est complètement excité pour me dire que même les filles, Corinne et Cara, ont explosé les chronos en dessous de la barrière symbolique des 12 minutes. Alors là je suis épataté par leurs prouesses. Je suis dans mes petits rollers, et je n’en mène pas large dans mes lacets. La pression est mise par les autres coureurs de l’équipe et surtout par les accompagnateurs qui sont vraiment très volubiles avec les recommandations pour le relais, le retour, où passer et ne pas perdre le bracelet … Mais aussi et surtout le même mot d’ordre de chacun : que je me donne à fond sur le premier tour. . De toute façon je ne comprends rien de ce qu’ils me racontent. Ils me le répètent deux ou trois fois mais je m’en fous. Je suis nerveux et mes jambes jouent des castagnettes. Il est vrai que je leur ai dit et répété plusieurs fois que je venais pour m’amuser mais pas pour me flinguer. Grand père de 56 ans : qu’est ce que je fous là avec ces jeunes (re-menteur). Sophie est à son poste et toujours avec le sourire m’encourage : « aller cow-boy ». Je me demande si elle le pense vraiment. Elle a facile de dire ça elle. Mets-toi à ma place et tu verras. Mais elle n’y est pas. Et me retrouve dans le panier à crabes pour le départ. Je me trouve sur la moquette tout comme mes illustres prédécesseurs de notre glorieuse équipe. Ce que je ressens à ce moment là est certainement aussi fort que ce que mes co-équipiers ont déjà vécu : émotion, appréhension, crainte, faire le mieux possible pour ne pas décevoir le groupe surtout. Je ne suis pas tranquille et comme par hasard j’ai soif et envie de faire pipi. Je ne sais pas si je suis un cas unique (certainement). A chaque fois que nous sommes habillés et prêt à partir il y a toujours une urgence. De loin je vois mon équipier qui fait de grands gestes pour se faire repérer, et je lui réponds de même. Pas de chance, je viens de rater mon départ et je suis obligé d’accélérer pour le rattraper. Je tiens enfin l’objet de plein de fantasmes. Pour la course évidemment. Je vous vois déjà sourire bande de cochons. Ça y est mon tour de gloire est enfin arrivé. Devant moi un vrai chassé croisé de patineurs de tous les gabarits, en taille et en vitesse. Je remonte tranquillement la ligne droite par le milieu, qui est le secteur le moins dangereux. Je gamberge toujours aux recommandations faites par tout le monde et commence à monter vers le symbole du Mans, le pneu(Michelin). Trouver l’erreur. Le paradoxe est que plus je monte plus je me sens calme et détendu. Je commence enfin à trouver mon rythme de croisière doucement mais surement. A mon grand étonnement je double 20 ou 30 concurrents, et ce sans trop de problèmes, alors que d’autres me doublaient à une vitesse grand V. Une très grosse erreur de ma part dans la montée je me suis mis « à la corde » dans les virages où le circuit est en dévers. Je me suis fait avoir sur ce tour là mais pas sur les autres. Arrivé sous le pneu Pirelli. (………) un gentil petit plat, (pas de spaghetti), mais de macadam. (Du nom de l’inventeur). Ça devient cul...turel et toujours de surprise en surprise. Quelques roulants se sont arrêtés pour récupérer leur souffle. La grande descente aux enfers pour certains et le paradis pour d’autres arrive enfin. Je continue sur ma lancée pour prendre le plus de vitesse possible dans la descente. La première frayeur du circuit. En pleine vitesse, et devant moi plusieurs personnes ralentissent et freinent. Et bien sûr ils sont toujours à la corde : à droite pour les virages à droite, et à gauche pour les virages à gauche. Pourtant le circuit est très large. Je cause bien, hein ! Un petit écart pour les éviter et je me remets à la corde à fond les rollers. Un petit coup d’œil derrière moi, c’est tout bon, position accroupie pour négocier le virage qui pour moi arrive un peu trop vite. De toute façon trop tard pour reculer. Une fois dans le virage je sens les roues glisser sur le coté extérieur. Je me bloque dans la position assise pour garder la stabilité et surtout ne pas tomber. Ça passe mais c’était un peu juste. Mais pour moi, tout est relatif. Certains arrivent bien plus vite que moi et me doublent sans problème. Pourtant quand je me suis retourné, derrière moi il n’y avait personne. Et moi qui me croyais un as de la vitesse. Mon amour propre en a encore pris un sérieux coup. Sur le plat j’ai l’impression de ne pas avancer. Au milieu du parcours un stand avec de l’eau à disposition. Je continue à rouler et je veux prendre une bouteille en roulant. Mauvais calcul de ma part, je tape la bouteille et fais une vraie partie de bowling avec les autres. Le responsable au liquide a dû me maudire. De toute façon j’ai fait semblant de ne rien voir et ai continué en sifflant. Le plat et les grandes courbes sont interminables avant la grande ligne droite des stands. Le choc, à ce moment là, est de voir des milliers de personnes rassemblées sur si peu de distance (par rapport à la longueur du circuit), c’est impressionnant de voir les coureurs, les accompagnateurs qui font le chronométrage, le reste de l’équipe… bref tout ce monde pour soutenir la personne qui est sur la piste. C’est quand on est à cet endroit de la piste qu’on voit réellement l’ampleur de l’évènement. A partir de ce moment, dans la ligne droite, je continue à accélérer et je surveille la gauche à la recherche d’un podium qui se trouve en face de notre zone moquette. A force de chercher je trouve mon remplaçant gesticulant dans tous les sens pour se faire repérer. A son tour il démarre pour que je puisse lui passer le relais. Et c’est reparti pour un tour. Je continue sur ma lancée pour sortir en bout de piste. Je redescends tranquillement entre la zone moquette et les box. Essoufflé, mal partout mais heureux. Je suis sur un petit nuage. C’est mon tour à moi celui là et c’est celui qui est à mes yeux (et à mes jambes) le plus important de tous. Et Colin me tombe dessus pour me dire que j’ai fait mon tour en moins de 10 minutes. Je lui demande si ce n’est pas une blague (me ferait-il marcher ???) mais apparemment non ! Ce temps est pour moi plus qu’honorable (Je me lance des fleurs et oui, il le faut bien, personne ne le fait à ma place ; de toute façon c’est moi qui écris donc j’ai raison. D’abord !). Voilà mon premier tour est bouclé. C’est pendant ce tour qui est hystérique (traduction historique), pour moi bien sûr, que j’ai attrapé une saleté de virus qui s’appelle « la compétition ». Du coup je revois à la hausse les possibilités de faire de meilleurs temps. Mais surtout que je me suis fais un super méga top fun grand plaisir (djeuns) sur le circuit autant dans la montée que dans la descente sans oublier le virage à fond. Je viens de découvrir la compétition envers soi-même et l’excitation n’a fait qu’augmenter. Un gamin (malgré l’âge, mais gamin quand même) parmi les gamins. Et ce toutes les fois où je ferai un tour, autrement dit jusqu’à la fin des 24h. Suite à cette très haute performance de ma part, (bien entendu je rigole), on se dit que pour une équipe de bras cassés, on ce débrouille finalement pas si mal que ça. Pas vrai Titi. Et une couche de pommade pour tout le monde, une. Pour tous, le moral remonte de plusieurs degrés et enclenche un nouvel état d’esprit, pour le reste de la compétition. Regarde la fine et subtile différence du changement de mot. |
|  | | Piline

Nombre de messages: 21 Age: 24 Date d'inscription: 13/06/2009
 | Sujet: Re: Les 24h du Mans 2008 : vu, vécu et écrit par Cow-boy Mer 9 Juin 2010 - 18:44 | |
| A la lecture, c'est impressionnant... je n'ose imaginer en le vivant. Ca donne envie. |
|  | | virginie Staff

Nombre de messages: 265 Age: 25 Localisation: Tomblaine Date d'inscription: 19/08/2007
 | Sujet: Re: Les 24h du Mans 2008 : vu, vécu et écrit par Cow-boy Lun 14 Juin 2010 - 21:23 | |
| Entre course et compétition, malin l’écrivain n’est ce pas ? Que Je suis bon quand même. Je ne suis pas là pour vous parler toujours que de moi quand même ? Si un peu tout de même. De toute façon je sais que vous me donnez raison. Vous avez aussi la possibilité de vous exprimer librement en ma faveur. Mais uniquement en termes élogieux bien entendu. (Une vache ni retrouverait pas son veau). Même moi je ne me comprends pas. Mais revenons un peu à nos rollers. C’est à partir de cet instant que nos souffre-douleur vont nous tomber dessus. Les chronométreurs, pour nous rappeler à l’ordre aussitôt que nous dépassons de quelques secondes, les meilleurs temps. Que les temps sont durs pour nous, pauvres petits coureurs. Je ne donnerai pas de nom, comme d’hab. Mais on voulait nous pénaliser (faire la vaisselle) si on continuait à augmenter dans les chronos. Dans quel état d’esprit étions-nous dans ces moments là. Un vent de Thierry (la fronde) supprimer le mot Thierry, souffle dans le groupe pour crier vengeance. Qui éclate dans plusieurs directions. Ex : camping, toilettes, et douche. Les douches …un grand moment d’émotion aussi pour nous autres. Petit exemple, de cercle sans fin. Dans un camping de 4 à 5000 personnes minimum, vous installez des w.-c et des douches, normal me direz-vous. Mais les deux sont dans le même bâtiment. Presque toujours normal jusque là. Maintenant le processus du déroulement de l’opération Accrochez-vous bien car je ne répéterai pas. Le matin à 6h, pas de problème pour le salon de lecture : (les w-c). La même chose pour le karcher (douche). Le temps passe, il est 9h. Il vous faut un petit descriptif des lieux quand même. Le bâtiment est en dur. Entrée porte principale. A gauche pour la gente féminine, à droite pour les mâles heureux. Pour moi il est plus facile de décrire la partie Hommes que Femmes, Donc tout de suite à droite les pissotières ou urinoirs, pour les âmes sensibles, s’abstenir. La pièce attenante est séparée par deux petits murs, mais vraiment petits. Derrière ces petits murs, deux WC de chaque côté, et bien sûr deux douches de chaque côté aussi. Pour arranger le tout pas de grille d’aération ni d’extracteur d’air. Je pense que chez les femmes c’est la même disposition les urinoirs en moins. Donc après le petit déjeuner, comme tout le monde (mais je ne parle que de moi car je ne voudrais pas créer de polémique je ne serais aucunement responsable si le scenario à existé ou existera) je me dirige donc vers les lieux saints, qui ont une importance capitale. Petite surprisse. Une grande queue chez les hommes, et une grande file chez les femmes. Qui patientent gentiment dehors. Et bougent d’une place quand quelqu’un réussit à sortir. Tout vert ou tout bleu chez les blonds. Je parle toujours pour les hommes. Chez les hommes nous avons trois queues (pour attendre bien sûr). Une pour les urinoirs, une pour les w c, et une pour les douches. Si vous vous trompez de file vous pouvez attendre très longtemps. Exemple pour faire la petite commission, ne pas se mettre dans la file des grosses commissions, L’avantage pour les urinoirs et de faire très vite, d’où un mouvement très important dans la file. La deuxième file pour les toilettes, et 30 minutes minimum d’attente. Et la dernière file pour le karcher. Je parle pour les personnes qui veulent se laver. Donc vous arrivez enfin au niveau des urinoirs. Pour commencer il y a un mélange de toutes les odeurs, et un taux d’humidité de 200%. Urinoir, savonnette, transpiration, w c, un mélange cocktail Molotov. La pièce est tellement humide, que de grosses gouttes tombent du plafond. On peut appeler ça un prélavage. Après un certain temps de patience et beaucoup d’apnée, Nous parvenons enfin à franchir tous les obstacles, visuels et surtout odorants. Le lieu de notre convoitise. Trois choix possible, w c, douche, urinoir. Rayer la mention inutile. D’où la couleur verte et bleu sur les visages à la sortie. Avec malgré tout, une bonne partie de rigolade avec mes voisins les plus proches. Une fois lavée vous sortez en courant, pour ne pas garder l’odeur sur vous. Certaines équipes ne reprendront les tours que quelques heures plus tard. Pour l’histoire, il y a plusieurs groupes pour faire les relais. Le notre est composé de Cara, Richard, et moi. Comme il me reste du temps, un petit tour dans les autres stands me permet de prendre la température ambiante. Certaines grosses équipes ont une installation à l’extérieur des box : fauteuils, frigo, matelas, lit de camp par exemple, bref du camping dans un camping. Les trois équipes de la voie verte des Vosges sont là. Un petit bonjour à tout le monde, et des photos souvenir pour créer des liens. Puis un petit casse-croûte, pour se remettre des émotions, et une petite sieste de quelques minutes pour reposer les yeux. Bonnes nuit. Façon de parler. Nous roulerons de 22h à 2h du matin. |
|  | | virginie Staff

Nombre de messages: 265 Age: 25 Localisation: Tomblaine Date d'inscription: 19/08/2007
 | Sujet: Re: Les 24h du Mans 2008 : vu, vécu et écrit par Cow-boy Sam 19 Juin 2010 - 6:03 | |
| La préparation mentale pour certain est plus que nécessaire, surtout la nuit. Pas vrai Richard. Tout le monde sait que la nuit est faite pour dormir. On nous attend avec impatience. Cette fois moins de problèmes pour l’enchainement des consignes. Et c’est parti pour 4h de pur plaisir. Corinne est restée en renfort avec nous. Malgré les tours qu’elle a faits précédemment, elle est pleine d’énergie et de bonne humeur. Comme si de rien n’était, elle reste toujours dans les même temps au tour. Et ce, jusqu’à la fin des 24h. A garder, notre petit mouton, (cheveux de Corinne) pour l’année prochaine. Encore bravo pour l’esprit d’équipe que tu as entretenu jusqu’au bout, et surtout ton sourire. Les passages de relais se succèdent à une cadence infernale. On se donne à fond sur un tour, on rentre dans le box, on s’assoit juste le temps de boire un petit coup. On a à peine 20 minutes pour se reposer et il faut déjà se préparer à repartir. Cara est toujours fidèle à elle-même et à son esprit de compétition. Elle surveille le chronomètre, à chaque tour. Le moral d’acier est trempé comme son caractère. Je tiens à féliciter dans cette rubrique les deux filles qui ont tourné avec nous. Pour leur volonté et leur endurance qui m’ont agréablement surpris. Tout le monde me connaît pour être avare de compliments. Mais ici mesdames je m’incline bien bas à vos pieds. Chapeau. Vers 1h du matin notre ami Richard a pris le relais et s’élance à son tour sur la piste. Les meilleurs chronos après Romary. Il arrive avec une douleur. Il nous explique qu’il y a eu un craquement au niveau du dos. Il rejoint donc le stand. Impossible de se mettre assis. La colère et la rage sont en lui. Comme tout le monde, il avait attendu les 24h avec impatience. Une blessure stupide lui gâche le plaisir. A contrecœur, il va voir un ostéopathe accompagné de la douce et tendre Virginie (profiteur). Verdict : trois vertèbres déplacées. Pendant la manipulation une vertèbre a été remise en place. Une trentaine de minutes plus tard, Richard revient, toujours autant désolé, repart vers le camping accompagné de Virginie. On le regarde partir avec regret et on réveille Sophie en fanfare pour chouchouter notre ami Richard. Pendant ce temps la course continue. Heureusement que Corinne est là pour renforcer l’équipe. Ne pas oublier qu’elle a déjà fait sa part quelques heures avant nous. Je commence à m’inquiéter pour Cara et Corinne de leur fatigue. Je leur propose de faire deux tours à la suite pour qu’elles se reposent un peu.. Les douze personnes du reste de l’équipe compatissent au désarroi de Richard. Le deuxième tour fini, nous approchons vers 2 h du matin. Pendant les discussions nous avions peur du nombre d’heures encore à passer sur la piste. En fait, nous n’avons pas vu le temps passé, la relève est arrivée. Les consignes se passent pour le déroulement de la suite. On m’a demandé si je pouvais rester encore un peu. Pas de problème, encore un petit effort. A 4 h du matin je pars me coucher, encore 20 minutes à pied et dodo. Pendant que j’essaie de dormir, devinez à quoi je rêve, je vous le donne en mile : de course, de roller, et de passage de relais. Tu parles d’une nuit de repos !!! Je suis désolé de ne pas parler des autres équipes comme je le voudrais, mais je manque d’infos, dommage, je ne peux pas dire de mal sur eux. Que le matelas est doux et accueillant, (tapis de sol) en fait je dors par terre, le tapis a glissé. Dans mon rêve, j’entends un oiseau donner des coups de bec dans un arbre. Où est le fusil. Le salopard continue de frapper avec insistance. Finalement je commence à émerger tout doucement. (6h du matin tout de même). Et le tap tap continue. En plus pour me provoquer il chuchote. Je sors d’un bond (enfin presque. traduire, en baillant et rampant pour sortir de la toile de tente), les yeux grands ouverts (traduction, complètement pisseux et pleins de sommeil, je prends la direction de mon esprit frappeur, et aperçois le drôle de zigoto Guillaume frapper à répétitions et doucement sur la caravane, de notre grand capitaine Titi, et chuchotant des mots tendres à la caravane. Quel choc émotionnel pour moi de voir cette scène. Qui l’eut cru, Guillaume et une caravane. J’approche doucement pour ne pas l’effaroucher, Il arrête de frapper et me regarde venir. Je lui parle doucement de ma voix éraillée matinale. Heureusement je ne fume pas, Beurk. Que se passe-t-il lui demandai-je. ? Gentiment paniqué, il me répond tout affolé que depuis plus de 15 minutes il essaye de réveiller le grand feignant qui se trouve dans la caravane. Normalement il devait prendre le relais à 6h. Mes doutes sur son comportement s’envolent, ouf. Je lui dis de partir pour rejoindre l’équipe et m’occupe du grand mannequin qui ronfle. Il s’éloigne plein de reconnaissance, et une petite larme brille dans ses grands yeux. Que c’est beau un Guillaume qui part au galop dans le soleil levant (en courant). |
|  | | Colin

Nombre de messages: 3688 Age: 28 Localisation: Nancy, Pte Ste Catherine Date d'inscription: 20/05/2006
 | Sujet: Re: Les 24h du Mans 2008 : vu, vécu et écrit par Cow-boy Jeu 24 Juin 2010 - 23:32 | |
| Je crois que, comme tous ceux qui étaient présents à ce moment là, je me souviendrais longtemps de la blessure de Richard.
Il tournait régulièrement entre 9"45 et 10"05 au tour. Je tenais le chrono. A 10"30, toujours pas de Richard, je commence à me poser des questions. 11" toujours personne, là je m'inquiète vraiment.
La personne qui attendait pour prendre le relais (il me semble que c'était Cara) me demandait par geste où on en était du temps, je ne savais pas quoi lui répondre. D'un coup, elle me fait signe, elle le voit arriver. Soulagement !
Et là je vois Richard remonter la ligne droite au ralenti et donner son relais.
Le temps qu'il nous rejoigne, j'avais rejoins les autres (Cowboy, Corrine et Virginie) et leur avais dit ce que j'ai vu.
Quand il est arrivé de nous, il nous a expliqué sa mésaventure. On a tous été saisis par son désarroi. Il était déçu pour lui même, et dégouté parce qu'il pensait pénaliser l'équipe. Pour la première fois, nous avons vu Richard craquer.
Il m'a dit plus tard que, sur le coup, il avait senti à quel point j'avais été surpris et "choqué" de le voir s'énerver brutalement de la sorte contre lui même et qu'à ce moment là il avait repris le contrôle.
Puis il s'est éloigné pour se faire soigner. Il est revenu peu de temps après pour nous expliquer la situation et est allé essayer de se reposer, dorloté par Sophie.
Il est revenu 8h plus tard et a repris sa place dans l'équipe. La douleur était toujours là, mais bien moins forte. Le chrono répondait à ses "j'ai l'impression de me trainer" par des temps canons... |
|  | | Hell && Zèbre

Nombre de messages: 333 Age: 103 Date d'inscription: 08/11/2007
 | Sujet: Re: Les 24h du Mans 2008 : vu, vécu et écrit par Cow-boy Mar 29 Juin 2010 - 10:51 | |
| Que de bons souvenirs! Merci encore pour ce récit  "Une très grosse erreur de ma part dans la montée je me suis mis « à la corde » dans les virages où le circuit est en dévers. Je me suis fait avoir sur ce tour là mais pas sur les autres." 2 ans plus tard: ah bon, faut pas se mettre à la corde pour les montées? >.< |
|  | | Colin

Nombre de messages: 3688 Age: 28 Localisation: Nancy, Pte Ste Catherine Date d'inscription: 20/05/2006
 | Sujet: Re: Les 24h du Mans 2008 : vu, vécu et écrit par Cow-boy Mar 29 Juin 2010 - 11:38 | |
| Mouais, on m'avait dit pour le coup de ne pas prendre la corde dans la chicane.
On fait plus de distance, mais ça monte moins. Je trouve qu'on perd trop de temps en faisant ça, et que les forces économisées sont vraiment négligeables (en solo, ça peut changer les choses par contre). |
|  | | | | Les 24h du Mans 2008 : vu, vécu et écrit par Cow-boy | |
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